Mal des transports chez l’adulte : quand vision, équilibre et système nerveux ne se synchronisent plus

Vous montez en voiture, en train, en bateau ou en avion. Au début, tout va bien puis une gêne apparaît : nausée, chaleur, vertige léger, sueurs froides, fatigue soudaine, malaise dans le ventre, besoin de fermer les yeux.

Chez certaines personnes, le mal des transports reste occasionnel. Chez d’autres, il devient une vraie contrainte : éviter les longs trajets, redouter les routes de montagne, ne pas pouvoir lire en voiture, se sentir mal sur un bateau, appréhender les virages ou les mouvements imprévisibles.

On pense souvent que le mal des transports concerne surtout les enfants. Pourtant, des adultes peuvent aussi être touchés, parfois fortement.

Le point central n’est pas seulement l’estomac sensible. Le mal des transports, aussi appelé cinétose, implique une difficulté du système nerveux à coordonner plusieurs informations en même temps : ce que les yeux voient, ce que l’oreille interne perçoit, ce que le corps ressent.

Quand ces informations ne se synchronisent pas bien, le cerveau peut recevoir des signaux contradictoires. Le corps se met alors en alerte.

En Suisse romande, le Biofeedback TNS propose une approche complémentaire : observer la stabilité perceptive, comprendre comment le système nerveux réagit, puis accompagner progressivement sa régulation.

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Le mal des transports, ce n’est pas dans l’estomac

Le mal des transports se manifeste souvent dans le ventre : nausées, gêne digestive, envie de vomir, sensation de malaise. Mais son origine est plus large, il apparaît généralement lorsque le cerveau reçoit des informations contradictoires entre :

• la vision ;
• l’oreille interne, qui participe à l’équilibre ;
• les sensations corporelles et posturales ;
• le mouvement réel ou perçu.

Par exemple, en voiture, vos yeux peuvent voir le paysage bouger, les virages s’enchaîner, la route monter ou descendre. En même temps, votre corps est assis, relativement immobile. L’oreille interne capte des accélérations, des freinages, des courbes, parfois avec un léger décalage par rapport à ce que vous voyez.

Le cerveau doit intégrer tout cela très rapidement. Quand cette intégration devient difficile, le système nerveux peut réagir comme s’il y avait une incohérence à résoudre. Cette incohérence peut déclencher nausées, vertiges, fatigue, sueurs froides ou besoin de s’allonger.

Les signes fréquents chez l’adulte

Le mal des transports peut prendre des formes différentes selon les personnes. Les signes les plus fréquents sont :

• nausées ;
• gêne ou tension dans le haut du ventre ;
• vertiges ou sensation d’instabilité ;
• pâleur ;
• sueurs froides ;
• salivation importante ;
• maux de tête ;
• fatigue soudaine ;
• somnolence ;
• besoin de fermer les yeux ;
• difficulté à regarder un écran ou à lire pendant le trajet ;
• malaise qui augmente dans les virages, les turbulences ou les mouvements répétitifs.

Chez certaines personnes, les symptômes disparaissent rapidement après l’arrêt du trajet. Chez d’autres, une sensation de tangage, d’instabilité ou de fatigue peut persister plusieurs heures.

Lorsque les symptômes sont intenses, nouveaux, inhabituels ou persistants, un avis médical est important, surtout s’ils s’accompagnent de troubles neurologiques, d’une perte d’équilibre marquée, d’une baisse de l’audition, de douleurs importantes ou d’un changement brutal de l’état général.

Pourquoi certains trajets déclenchent plus que d’autres

Tous les trajets ne sollicitent pas le système nerveux de la même manière. Certaines situations sont particulièrement déclenchantes :

• routes de montagne ;
• virages répétés ;
• conduite saccadée ;
• freinages et accélérations fréquents ;
• bateau ou houle ;
• turbulences en avion ;
• train avec mouvements latéraux ;
• car ou bus en montagne ;
• lecture en voiture ;
• utilisation du téléphone pendant le trajet ;
• jeux vidéo, réalité virtuelle ou vidéos avec mouvements rapides ;
• écrans dans un véhicule en mouvement.

Dans ces situations, la vision, l’équilibre et les sensations corporelles doivent s’ajuster en permanence. Si le système nerveux peine à stabiliser ces informations, la fatigue peut monter rapidement.

C’est pourquoi certaines personnes vont très bien lorsqu’elles conduisent mais se sentent mal comme passagères. En conduisant, le cerveau anticipe mieux les mouvements : il sait quand la voiture va tourner, freiner ou accélérer. Comme passager, le mouvement est souvent plus subi, moins prévisible.

Le rôle du conflit sensoriel

Le mal des transports est souvent expliqué par un conflit sensoriel. Cela signifie que le cerveau reçoit plusieurs informations qui ne racontent pas exactement la même chose. Un exemple simple :

Vos yeux voient un livre ou un téléphone immobile.
Votre oreille interne perçoit que le véhicule bouge.
Votre corps ressent les accélérations, les virages ou les vibrations.
Le cerveau doit décider quelle information suivre.

Si cette coordination devient instable, le système nerveux peut réagir par une alerte corporelle.

Cette alerte peut toucher plusieurs systèmes à la fois : digestion, respiration, tonus musculaire, vigilance, équilibre, température corporelle, salivation.

C’est pour cela que le mal des transports n’est pas seulement une nausée. C’est souvent une réaction globale du système nerveux face à une information difficile à intégrer.

Pourquoi le système nerveux peut rester en alerte

Chez certaines personnes, le mal des transports ne se limite pas au moment du trajet, il peut commencer avant. La personne anticipe :

“Je vais encore être malade.”
“Et si je vomis ?”
“Et si je ne peux pas sortir ?”
“Et si je gâche le voyage ?”
“Et si je suis coincé dans le bus, le train ou l’avion ?”

Cette anticipation peut déjà activer le système nerveux. Le corps se prépare au malaise avant même que le mouvement commence.

Ensuite, dès les premiers signaux, chaleur, tension dans le ventre, léger vertige, l’attention se fixe dessus. Plus la personne surveille les sensations, plus elles prennent de la place. Plus elles prennent de la place, plus le corps se met en alerte.

Le mal des transports peut alors devenir un cercle :

mouvement → conflit sensoriel → malaise → peur du malaise → hypervigilance → symptômes plus forts.

L’objectif n’est pas de “se raisonner” à tout prix. Il s’agit plutôt d’aider le système nerveux à retrouver une meilleure capacité de stabilisation, d’adaptation et de récupération.

Mal des transports, écrans et réalité virtuelle

Aujourd’hui, la cinétose ne concerne plus seulement la voiture, le bateau ou l’avion. Certaines personnes ressentent des symptômes proches devant :

• jeux vidéo ;
• réalité virtuelle ;
• vidéos filmées en mouvement ;
• simulateurs ;
• écrans très dynamiques ;
• scrolling rapide ;
• plans caméra instables ;
• environnements visuels très chargés.

Dans ces situations, le mouvement est parfois surtout visuel. Les yeux perçoivent du mouvement mais le corps ne bouge pas réellement de la même manière. Le cerveau doit alors gérer une autre forme de décalage : un mouvement vu, mais pas pleinement ressenti. Ce phénomène montre à quel point la vision joue un rôle majeur dans l’équilibre, l’orientation et la stabilité intérieure.

Quel lien avec la régulation du système nerveux ?

Le système nerveux doit en permanence organiser les informations qui viennent du corps, des yeux, de l’équilibre et de l’environnement. Quand tout est bien synchronisé, l’adaptation se fait naturellement. Vous pouvez marcher, lire, vous orienter, tourner la tête, monter dans un train, regarder un paysage défiler, sans y penser.

Quand la coordination devient moins stable, le cerveau peut devoir compenser davantage. Cela peut se traduire par :

• fatigue rapide ;
• besoin de fermer les yeux ;
• difficulté à fixer un point ;
• sensation de tangage ;
• vertige léger ;
• nausée ;
• crispation ;
• anxiété anticipatoire ;
• difficulté à récupérer après un trajet.

Dans cette perspective, le mal des transports peut être compris comme une difficulté d’adaptation sensorielle et nerveuse face au mouvement.

Ce n’est pas une faiblesse. C’est une réaction du système lorsqu’il peine à intégrer des signaux contradictoires.

Ce qu’un bilan Biofeedback TNS permet d’observer

Le Biofeedback TNS ne remplace pas un avis médical, un bilan ORL, neurologique, vestibulaire ou ophtalmologique lorsque ceux-ci sont nécessaires. Il propose un autre regard : observer comment le système nerveux stabilise certaines informations perceptives.

Lors d’un bilan, des images-tests sont présentées à l’aide de diploscopes, à trois distances :

• vision de loin ;
• vision intermédiaire ;
• vision de près.

Ces tests permettent d’observer la manière dont le système nerveux pilote et stabilise la perception.

En cas de dérèglement, certaines images peuvent sembler :

• bouger ;
• se déplacer ;
• fluctuer ;
• disparaître partiellement ;
• se dédoubler ;
• devenir difficiles à maintenir stables.

Ces réactions ne servent pas à poser un diagnostic de mal des transports. Elles permettent d’observer un fonctionnement : comment le système nerveux réagit, comment il stabilise l’information, et s’il existe une instabilité perceptive dans certaines conditions.

Pour une personne sensible aux trajets, aux mouvements ou aux environnements visuels dynamiques, ce bilan peut apporter un repère concret.

Pourquoi la stabilité perceptive est importante

La stabilité perceptive correspond à la capacité du système nerveux à maintenir une perception claire, stable et cohérente malgré les stimulations.

Dans la vie quotidienne, cette stabilité intervient dans de nombreuses situations :

• lire sans fatigue excessive ;
• suivre un paysage en mouvement ;
• regarder un écran ;
• marcher dans une foule ;
• s’orienter dans un supermarché ;
• monter dans un train ;
• tourner la tête sans malaise ;
• rester stable malgré les mouvements autour de soi.

Lorsque cette stabilité est fragile, le cerveau peut avoir besoin de plus d’énergie pour compenser. Cette compensation peut augmenter la fatigue, la tension et la sensation d’inconfort.

Le Biofeedback TNS utilise justement la perception comme un indicateur fonctionnel : ce qui bouge, disparaît ou se stabilise donne des informations sur la manière dont le système nerveux organise l’information.

Comment le Biofeedback TNS accompagne la régulation

Après le bilan, si l’accompagnement est adapté, les séances de Biofeedback TNS utilisent les diploscopes et les images-tests comme supports de rééducation neuro-sensorielle.

La progression se fait étape par étape.

L’objectif n’est pas de forcer le calme ni de supprimer une sensation par volonté. Le travail vise plutôt à accompagner le système nerveux vers une meilleure stabilité perceptive et une réponse plus proportionnée aux stimulations.

Dans le contexte du mal des transports, cette approche peut être intéressante lorsque les difficultés s’accompagnent de :

• sensibilité au mouvement ;
• vertiges légers ou instabilité ;
• fatigue après les trajets ;
• gêne avec les écrans en mouvement ;
• difficulté à lire en voiture ou en train ;
• malaise dans les environnements visuels chargés ;
• anxiété anticipatoire avant les déplacements ;
• impression que le système “sature” rapidement.

Chaque personne évolue différemment. Le bilan sert à comprendre si cette approche est pertinente dans votre situation.

Quand consulter un médecin ?

Le mal des transports est souvent sans gravité, mais certains signes doivent amener à demander un avis médical.

Consultez rapidement si vous présentez :

• vertiges importants ou persistants ;
• troubles de l’équilibre en dehors des trajets ;
• baisse d’audition ou bourdonnements nouveaux ;
• maux de tête inhabituels ou violents ;
• troubles neurologiques ;
• vomissements importants ;
• malaise avec perte de connaissance ;
• symptômes qui ne disparaissent pas après l’arrêt du mouvement ;
• aggravation brutale ou changement récent de vos symptômes.

Un accompagnement en Biofeedback TNS peut être envisagé en complément, lorsque les causes médicales importantes ont été évaluées ou lorsque les symptômes s’inscrivent dans une difficulté fonctionnelle de régulation et de stabilité perceptive.

Mal des transports en Suisse romande : quand demander un bilan ?

Un bilan Biofeedback TNS peut être indiqué si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations :

• vous évitez certains trajets à cause des nausées ou vertiges ;
• vous ne pouvez pas lire ou regarder un écran en voiture ;
• les routes de montagne sont difficiles ;
• le bateau, le train ou l’avion déclenchent un malaise ;
• les vidéos en mouvement ou la réalité virtuelle vous donnent la nausée ;
• vous ressentez une fatigue importante après les déplacements ;
• vous appréhendez les trajets avant même de partir ;
• vous avez l’impression que votre système nerveux se dérègle face au mouvement ;
• vous souhaitez explorer une approche centrée sur la régulation nerveuse et la stabilité perceptive.

En Suisse romande, les centres CeREN accueillent les adultes pour un bilan en Biofeedback TNS à Fribourg, en Valais et à Neuchâtel.

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Le premier rendez-vous permet de faire le point sur vos symptômes, vos déclencheurs, vos antécédents, votre fatigue, votre sensibilité aux mouvements et votre quotidien.

Le bilan permet ensuite d’observer la stabilité perceptive à l’aide des diploscopes et des images-tests, à trois distances.

À partir de ces observations, le praticien peut vous expliquer ce qui ressort du bilan et vous indiquer si un accompagnement Biofeedback TNS semble adapté.

L’objectif est de mieux comprendre comment votre système nerveux réagit, puis de proposer un travail progressif de stabilisation si cela est pertinent.

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FAQ

Le mal des transports peut-il toucher les adultes ?

Oui. Même s’il est fréquent chez les enfants, le mal des transports peut aussi toucher les adultes. Certaines personnes restent sensibles toute leur vie, d’autres le deviennent après une période de fatigue, de stress, de troubles vestibulaires, de migraine, de changement hormonal ou de surcharge nerveuse.

Pourquoi suis-je malade comme passager, mais pas quand je conduis ?

Quand vous conduisez, votre cerveau anticipe mieux les mouvements : virages, freinages, accélérations. Comme passager, vous subissez davantage le mouvement, avec moins de contrôle et moins d’anticipation. Cela peut accentuer le conflit entre vision, équilibre et sensations corporelles.

Le mal des transports est-il lié à l’anxiété ?

L’anxiété n’est pas la seule cause du mal des transports. Le mécanisme principal implique souvent un conflit sensoriel entre vision, équilibre et mouvement. En revanche, l’anticipation du malaise peut activer le système nerveux et amplifier les symptômes chez certaines personnes.

Le Biofeedback TNS soigne-t-il le mal des transports ?

Le Biofeedback TNS ne promet pas de “soigner” le mal des transports et ne remplace pas un avis médical. Il vise à observer et accompagner la régulation du système nerveux, notamment à travers la stabilité perceptive. Le bilan permet de voir si cette approche est pertinente selon votre situation.

Faut-il d’abord consulter un ORL ou un médecin ?

Si les symptômes sont nouveaux, importants, persistants, inhabituels ou présents en dehors des trajets, un avis médical est recommandé. Un bilan ORL, vestibulaire, neurologique ou ophtalmologique peut être nécessaire selon les cas. Le Biofeedback TNS peut ensuite s’inscrire en complément, dans une approche fonctionnelle de la régulation.

En savoir plus

Découvrir la méthode Biofeedback TNS :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/methode

Comprendre le déroulement d’un bilan et des séances :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/deroulement

En savoir plus sur les diploscopes :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/diploscopes

Lire aussi : fatigue visuelle, écrans et vision instable :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/blog/fatigue-visuelle-ecrans-biofeedback-tns-suisse-romande

Lire aussi : PPPD, vertige persistant et stimuli visuels :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/blog/pppd-vertige-persistant-suisse-romande

Prendre rendez-vous en Suisse romande :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/contact

Références

Ameli. Mal des transports : symptômes et causes.
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mal-transports/symptomes-causes

Manuel MSD. Mal des transports.
https://www.msdmanuals.com/fr/professional/blessures-empoisonnement/mal-des-transports/mal-des-transports

CDC Yellow Book. Motion Sickness.
https://www.cdc.gov/yellow-book/hcp/travel-air-sea/motion-sickness.html

CDC Travelers’ Health. Motion Sickness.
https://wwwnc.cdc.gov/travel/page/motion-sickness

NHS. Motion sickness.
https://www.nhs.uk/conditions/motion-sickness/

Keshavarz B, Golding JF. Motion sickness: current concepts and management. Current Opinion in Neurology, 2022.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34923206/

Shen ZQ et al. Research Progress in Physiological Evaluation and Prevention of Visually Induced Motion Sickness. 2023.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38173111/

Training Neuro Sensoriel Suisse romande. Les diploscopes.
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/diploscopes

Training Neuro Sensoriel Suisse romande. Déroulement d’un bilan et des séances.
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/deroulement

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