Fatigue visuelle (écrans) : yeux fatigués, vision instable, maux de tête et rôle de la régulation nerveuse avec le Biofeedback TNS (Suisse romande)
À retenir
La fatigue visuelle liée aux écrans (“digital eye strain”) associe souvent sécheresse, vision fluctuante, maux de tête et baisse de concentration.
Devant un écran, le clignement diminue et devient plus incomplet, ce qui favorise l’inconfort oculaire.
Si la lecture devient difficile avec l’impression que les mots bougent ou que la mise au point “lâche”, une difficulté de coordination au près (ex. convergence insuffisante) peut contribuer.
Le Biofeedback TNS utilise des tests visuels via diploscopes et une rééducation où la stabilisation de la perception (image stable, non déplacée) sert de repère.
1) Fatigue visuelle : les symptômes les plus fréquents
La fatigue visuelle numérique peut se manifester par :
yeux secs, picotements, sensation de brûlure
vision floue par moments, besoin de “forcer” la mise au point
maux de tête (tempes, derrière les yeux), lourdeur oculaire
nuque/épaules tendues, fatigue en fin de journée
baisse de concentration après écran
2) Pourquoi les écrans fatiguent autant (même avec une bonne vue)
a) Le clignement change devant les écrans
En situation d’écran, le clignement devient souvent moins fréquent et plus incomplet. Or, le clignement est essentiel pour répartir le film lacrymal et protéger la surface oculaire : quand il se dégrade, l’inconfort augmente.
b) Le travail de près sollicite la coordination des deux yeux
Fixer un écran de près sollicite en continu :
la mise au point (accommodation),
la coordination binoculaire (vergence),
ce qui peut entraîner fatigue, céphalées et vision fluctuante, surtout s’il existe une fragilité de coordination.
c) Surcharge attentionnelle et tension de fond
Écrans + notifications + rythme soutenu maintiennent fréquemment un état d’attention “serrée”. Même sans anxiété consciente, cet état peut amplifier les tensions (posture, mâchoire, nuque) et rendre le système visuel plus sensible à la fatigue.
3) “Les mots bougent” : quand suspecter un facteur de coordination visuelle
Lorsque la lecture ou l’écran déclenche :
fatigue au près,
céphalées,
vision floue,
impression que les lignes ou les mots “bougent”,
un facteur de coordination peut être en jeu (par exemple convergence insuffisante). Dans ce cas, un bilan visuel/orthoptique est pertinent.
4) Avant d’accuser “le stress” : 3 vérifications indispensables
Pour rester sérieux et éviter de passer à côté d’un vrai problème :
Correction à jour (vision de près, astigmatisme, presbytie, etc.)
Sécheresse oculaire (très fréquente avec écrans)
Signaux d’alerte (douleur importante, baisse brutale de vision, œil rouge douloureux, halos persistants) → avis médical
5) Le point clé du Biofeedback TNS : le regard comme indicateur fonctionnel de la régulation nerveuse
Le Biofeedback TNS (Training Neuro Sensoriel) est une méthode de rééducation de la régulation du système nerveux qui passe par des tests et stimulations visuelles.
L’approche s’appuie sur des diploscopes (appareils d’optique) et sur des images-tests observées à différentes distances. L’objectif est d’identifier comment le système nerveux pilote la vision (et ses différentes fonctions selon la distance), puis de rééduquer progressivement cette régulation.
—> Formulation claire à retenir : l’état du système nerveux influence la stabilité du pilotage visuel, et la perception devient un repère concret pour suivre l’évolution.
6) Ce qui est observé quand le pilotage nerveux du regard est perturbé
Dans la logique du Biofeedback TNS, un dérèglement du pilotage oculo-moteur peut se traduire par une perception instable :
l’image peut sembler se déplacer dans l’espace,
devenir difficile à stabiliser,
ou partiellement disparaître.
La rééducation vise alors à obtenir une perception stable et durable : l’image reste au bon endroit, sans fluctuation. Cette stabilisation est utilisée comme repère fonctionnel de réorganisation/régulation.
7) Pourquoi cela peut aider une fatigue visuelle “fonctionnelle”
Quand la fatigue visuelle est principalement entretenue par :
surcharge écran,
instabilité de coordination au près,
tension de fond et difficulté à revenir à un état stable,
alors une approche centrée sur la régulation et le pilotage visuel peut être pertinente, en complément des vérifications de base (correction, sécheresse, etc.).
8) Quand consulter rapidement
Un avis professionnel est recommandé si :
douleurs importantes,
baisse de vision récente,
migraines sévères et inhabituelles,
symptômes oculaires persistants malgré correction/sécheresse traitées,
fatigue visuelle associée à une forte somnolence (pour explorer d’autres facteurs).
Conclusion
La fatigue visuelle liée aux écrans est très fréquente et repose souvent sur un trio : surface oculaire (sécheresse), effort de près (coordination), et surcharge (attention/tension de fond).
Le Biofeedback TNS propose d’utiliser la stabilité perceptive comme repère fonctionnel d’un pilotage visuel influencé par la régulation nerveuse, puis travailler cette régulation par une rééducation structurée.
Références scientifiques (fatigue visuelle / écrans)
Sheppard AL, Wolffsohn JS. Digital eye strain: prevalence, measurement and amelioration (Ophthalmic & Physiological Optics, 2018).
Rosenfield M. Computer vision syndrome: a review of ocular causes and potential treatments (Ophthalmic & Physiological Optics, 2011).
Portello JK et al. Computer-related visual symptoms in office workers (Optometry and Vision Science, 2012).
National Eye Institute (NIH). Convergence Insufficiency (page patient/clinique, mise à jour régulière).
Références “cadre méthode” (Biofeedback TNS)
Pages “Déroulement” / “Diploscopes” / “FAQ” du site training-neuro-sensoriel.ch (pour décrire précisément le protocole et le vocabulaire utilisés dans la méthode).