Maladies neurodégénératives : comprendre Alzheimer et Parkinson, et soutenir le cerveau vieillissant

Important : cet article est informatif et ne remplace pas un diagnostic médical. En cas de symptômes (troubles de la mémoire, du mouvement, changements importants), consulte un·e professionnel·le de santé.

À retenir

  • Les maladies neurodégénératives sont progressives : elles touchent certaines zones du cerveau et finissent par altérer cognition, mouvement et/ou comportement.

  • Alzheimer est souvent associée aux dépôts de bêta-amyloïde et aux anomalies de la protéine tau.

  • Parkinson est liée à la perte de neurones dopaminergiques et à l’agrégation d’alpha-synucléine (corps de Lewy).

  • La prévention n’est pas “magique”, mais l’hygiène de vie (activité, sommeil, alimentation, liens sociaux, gestion du stress) compte.

  • Le soutien (proches, accompagnements, ressources) est essentiel pour la qualité de vie.

Pour comprendre le lien spécifique entre stress chronique et risque neurodégénératif, lis aussi :
https://www.training-neuro-sensoriel.ch/blog/le-drglement-du-systme-nerveux-quand-le-stress-chronique-ouvre-la-porte-aux-maladies-neurodgnratives

Introduction : le défi du vieillissement cérébral

Le vieillissement est un processus naturel, mais il s’accompagne parfois de défis majeurs pour la santé du cerveau. Les maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, sont des affections progressives qui se traduisent par une perte graduelle de neurones dans des régions spécifiques du cerveau.

L’objectif de cet article est :

  1. d’expliquer simplement ce qui se passe dans le cerveau,

  2. de donner des repères sur les facteurs de risque et les pistes de recherche,

  3. de rappeler des stratégies réalistes pour soutenir le système nerveux et la qualité de vie.

1) Maladie d’Alzheimer : quand la mémoire s’efface

La maladie d’Alzheimer est la forme la plus fréquente de démence. Elle affecte surtout la mémoire (au début), puis peut toucher le langage, l’orientation, le raisonnement et l’autonomie au quotidien.

1.1 Mécanismes neurobiologiques (repères)

Même si tout n’est pas encore entièrement élucidé, plusieurs processus sont bien décrits :

  • Plaques amyloïdes : accumulation de bêta-amyloïde à l’extérieur des neurones, pouvant perturber la communication neuronale.

  • Anomalies de la protéine tau : tau se modifie, s’agrège et perturbe l’organisation interne des neurones.

  • Perte synaptique et neuronale : diminution des connexions entre neurones puis mort neuronale, notamment dans l’hippocampe (mémoire) et le cortex.

  • Neuro-inflammation : activation chronique de cellules immunitaires cérébrales, pouvant contribuer à la progression.

  • Déficits de neurotransmetteurs : notamment une baisse de l’acétylcholine (mémoire / apprentissage), ce qui explique certains traitements symptomatiques.

1.2 Facteurs de risque et recherche

  • Âge : principal facteur de risque.

  • Génétique : certains variants (ex. APOE-ε4) augmentent le risque.

  • Santé cardio-métabolique : hypertension, diabète, obésité, sédentarité.

  • Hygiène de vie et environnement : sommeil, isolement social, niveau d’activité cognitive, etc.

La recherche explore des axes multiples : amyloïde/tau, inflammation, biomarqueurs précoces, modes de vie protecteurs, etc.

2) Maladie de Parkinson : quand le mouvement ralentit

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative chronique qui affecte principalement le système moteur.

Les signes fréquents :

  • tremblement au repos (pas toujours présent),

  • rigidité,

  • bradykinésie (lenteur),

  • troubles posturaux et de l’équilibre.

2.1 Mécanismes neurobiologiques (repères)

  • Perte des neurones dopaminergiques (substance noire) : la dopamine est cruciale pour la fluidité du mouvement.

  • Corps de Lewy : agrégats d’alpha-synucléine observés dans certains neurones ; ils sont associés à la dégénérescence.

  • Stress oxydatif et neuro-inflammation : peuvent contribuer aux dommages.

  • Dysfonction mitochondriale : altération des “centrales énergétiques” cellulaires impliquée dans la vulnérabilité neuronale.

  • Axe intestin-cerveau (hypothèses de recherche) : certaines observations suggèrent une implication précoce de symptômes digestifs chez une partie des patients.

2.2 Facteurs de risque et recherche

  • Une combinaison gènes + environnement (expositions, toxines, etc.) est étudiée.

  • Les recherches visent des traitements symptomatiques améliorés et, surtout, des approches neuroprotectrices (alpha-synucléine, inflammation, mitochondries, etc.).

3) Prévenir et soutenir le système nerveux vieillissant

Il n’existe pas de recette unique, mais plusieurs leviers sont associés à une meilleure santé cérébrale et à une meilleure qualité de vie :

Activité physique régulière

L’exercice (marche rapide, vélo, natation, renforcement) est lié à une meilleure circulation cérébrale, une meilleure plasticité et une réduction de certains facteurs de risque.

Alimentation

Une alimentation type méditerranéenne (fruits/légumes, fibres, bonnes graisses, poisson, noix) est souvent associée à un meilleur vieillissement cérébral.

Stimulation cognitive

Apprendre, lire, pratiquer une activité, jouer, maintenir des routines cognitives : l’objectif est de garder le cerveau actif et adaptable.

Sommeil

Un sommeil régulier et réparateur soutient la récupération, l’humeur et certaines fonctions cognitives.

Gestion du stress

Le stress chronique peut fragiliser le système nerveux (sommeil, inflammation, épuisement). Toute stratégie réaliste compte : respiration, relaxation, mouvement, thérapie, hygiène de vie.

Lien social

Les liens sociaux sont associés à une meilleure santé mentale et cognitive, et soulagent aussi la charge émotionnelle des proches.

Ressources utiles en Suisse (pour patients et proches)

FAQ : Maladies neurodégénératives (Alzheimer & Parkinson)

Quels sont les premiers signes de la maladie d’Alzheimer ?
Les signes précoces sont souvent une mémoire récente moins fiable (oublis répétés), des difficultés à retrouver ses mots, une désorientation inhabituelle, ou une baisse de l’autonomie dans des tâches familières. Si ces signes persistent ou s’aggravent, il est important de consulter.

Quelle différence entre “démence” et “maladie d’Alzheimer” ?
La démence est un terme qui décrit un ensemble de symptômes (déclin cognitif impactant la vie quotidienne). Alzheimer est une cause fréquente de démence, mais il en existe d’autres (vasculaire, corps de Lewy, fronto-temporale, etc.).

La maladie de Parkinson commence-t-elle toujours par un tremblement ?
Non. Le tremblement est fréquent, mais certains cas débutent plutôt par une lenteur, une rigidité, une écriture qui rapetisse, une fatigue inhabituelle, ou des troubles non moteurs (sommeil, constipation, perte d’odorat). Seul un professionnel peut poser un diagnostic.

Le stress chronique peut-il aggraver les symptômes ?
Le stress chronique ne “cause” pas à lui seul une maladie neurodégénérative, mais il peut aggraver la qualité du sommeil, la fatigue, la concentration, l’humeur et la perception des symptômes. C’est pourquoi la gestion du stress fait partie des leviers de soutien.

Que peut-on faire concrètement pour soutenir le cerveau au quotidien ?
Les leviers les plus utiles et réalistes : bouger régulièrement, soigner le sommeil, avoir une alimentation de type méditerranéenne, maintenir une stimulation cognitive, préserver des liens sociaux, et demander de l’aide tôt (médecin, associations, proches).

À lire aussi (sur training-neuro-sensoriel.ch)

Références